2ième épisode,

Il nous a fallu près d'un mois durant lequel nous avons scruté la neige, de peur de voir notre matériel coincé là-haut pour l'hiver, pour enfin, arriver à programmer une deuxième sortie le 27 octobre.

Ce jour-là, je suis remontée avec un copain non spéléo, Hervé; Nadine devant nous rejoindre dès que des obligations la retenant en bas auraient été levées. Cette fois ci, une double précaution a été prise : premièrement, il fait beau, deuxièmement, nous sommes en possession de 60 mètres de corde (certes, il en aurait fallu 20 de plus). Nous nous sommes donc rejoint tous les trois sur la crête, au dessus de la grotte et, après un repas vite expédié, nous nous somme lancés.

Après avoir passé le porche, Hervé nous a dit qu'il préférait rester au grand air plutôt que d'aller dans "ce trou froid et sombre" !!! dire que j'avais passé toute la montée à essayer de le convaincre de l'intérêt des virées souterraines...Nadine, ensuite, après avoir tâté avec une grimace sa combinaison très humide (pour ne pas dire mouillée), a également annoncé qu'elle n'était pas très motivée pour la suite...Je n'avais jamais vu ça, Nadine dédaignant une grotte qu'elle ne connaît ( presque) pas!! Je me suis donc lancée seule, commençant par tenter de passer une étroiture marquée d'un point d'interrogation sur la topo de 1979, et qui, depuis que je l'ai vue pour la première fois (il y a plus d'un an), m'empêche de dormir. Elle n'est en fait (à l'aller, du moins), pas si terrible qu'elle n'en a l'air. Immédiatement, je suis arrivée dans une toute petite salle, vraiment pas très belle, jonchée de squelettes de moutons. A première vue, elle paraît bouchée, ce qui, après qu'elle m'ai tant préoccupée m'a déçu quelque peu. A "seconde vue" cependant, je me suis rendue compte qu'il y a moyen de se faufiler derrière des blocs qui semblaient constituer un des bords de la salle et, de là, de déboucher dans un méandre qui a l'air de se prolonger. Choisissant le côté le plus large, (j'étais arrivée perpendiculairement au méandre), après deux petites chatières, les proportions deviennent plus humaines, les parois sont d'un blanc immaculé, couvertes de petites concrétions. Assez vite, se trouve une poche d'eau qui semble relativement profonde, mais au dessus de laquelle il est facile de passer en opposition. La galerie semble se prolonger, toujours belle, et je commençais à être vraiment optimiste quand, sans prévenir, je me suis heurtée à un cul de sac...dommage !Après être revenue sur mes pas, j'ai noté que le méandre semble se continuer de l'autre côté, mais nécessiterait plus de temps que je n'en disposais, car il faut visiblement user successivement de "ramping" et d'escalade. La description que j'ai faite ici de ce passage laisse sûrement imaginer quelque chose de plus merveilleux que ce qui s'y trouve en réalité, mais mon enthousiasme peut s'expliquer par le fait qu'il s'agissait là, pour moi, de mon premier bout de "première" (je crois, en tout cas). Une petite séance de photos plus loin, je me suis résolue à remonter-avec les cordes, cette fois- car mes deux compagnons immobiles et à l'ombre depuis plus de trois quarts d'heure, commençaient à être transis de

froid. Je les remercie ici d'avoir été si patients

Il reste que les trois puits repérés dans la cavité (dont 2 qui ne figuraient pas sur la topo) gardent tout leur mystère pour Nadine et moi, ainsi que la hauteur des voûtes qui semblent pouvoir être intéressantes et le méandre évoqué ci-dessus (parrallèle à la galerie principale)..

Le retour vers la vallée s'est fait sans autre incident qu'une glissade spectaculaire sur le gispet qui, par chance s'est bien finie (même si les fesses de certains auront pris une teinte bien bleutée sinon noire!.

Ces deux sorties se sont donc bien passées mais il faut noter que les difficultés d'accès à la grotte (qui n'est pas la seule dans le secteur, mais dont les autres sont à ma connaissance inexplorées) empêche d'y effectuer des sorties très importantes... pour les humains, car les brebis et les isards, eux, ne les dédaignent pas.

Viollette