Premier épisode

Nous sommes le 1er octobre, 11h30. Enfin, l'effectif de cette sortie finit part être réuni pour de bon : Philippe, Nadine et Viollette ; nous nous retrouvons à la Chapelle de l'Isard. Pourtant, jusqu'à la dernière minute, la liste des participants à cette sortie a évolué.... ainsi que l'heure du rendez-vous, sans pour autant que tout le monde le sache !

Après un en-cas de mûres,( suivi d'un vrai repas, au diable l'avarice), nous voilà grimpant sur une montagne que, vu le poids de nos sacs, nous aurions souhaitée moins raide...Le soleil nous accompagne nous l'abandonnons seulement quelques instants pour explorer une petite grotte qui ne semble pas avoir d'autre intéret que d'être remplie d'une poussière blanche qui nous donne l'air de sortir d'un sac de farine (sauf Philippe qui, voulant rester propre, s'est abstenu de la visite : il n'a rien perdu). Arrivés sur le sommet en dessous duquel se cache la grotte, nous délibérons quelques instants pour savoir si nous nous encordons ou pas pour accéder au porche de la caverne, en effet la grotte aux Izards qui porte bien son nom se situe à environs 80 mètres sous une crête, cachée dans un repli de terrain, dans une pale très raide se terminant en haut d'une petite falaise.Nous décidons que les rochers et l'herbe étant bien secs nous pouvons y aller en libre (à ce sujet, expérience faite, ne tentez JAMAIS de vous assoir en sous-combinaison sur du gispet!).

Une fois passé un porche relativement petit, environs 1m50 sur 3 mètres de large, nous débouchons dans une assez grande diaclase, visiblement habitée par divers corvidés auxquel des renards ont certainement tenté de rendre visite, les paroies étant couvertes de griffures.Dix mètres plus loin, il faut descendre en opposition d'un niveau. Philippe décide de nous attendre dans l'entrée : il n'a pas de combinaison et ne veut pas se salir à cause d'un rendez-vous en bas le soir même. Nadine et moi jetons donc un petit oeil en reconnaissance, en effet il a été décidé de raccompagner Philippe sur un bout du chemin et que l'exploration se ferait le lendemain. Ce n'est donc qu'un oeil distrait que nous accordons à cette visite, pourtant dans un très bel endroit. La diaclase remonte en pente douce puis est coupée par une chatière à partir de laquelle les concrétions sont au rendez-vous : à la suite de l'étroiture, la paroie de gauche est couverte d'excentriques blanches (celle de droite étant en calcite plus classique mais belle quand même). Au bout d'une quinzaine de mètres, nous arrivons à un carrefour dominé par une "méduse", à gauche se trouve un puits assez large, et tout droit la suite de la diaclase. Après avoir laissé les cordes à cet endroit, nous continuons en face et passons un autre puits (plus petit) ainsi que de beaux bouquets de cristaux .. Mais tout cela , nous avons décidé de l'observer le lendemain, nous nous hâtons donc de ressortir et,après avoir laissé tout notre matériel (baudrier, etc...) dans l'entrée,nous quittons la grotte.

La sortie du jour a été courte, mais nous sommes fatigués (il y a environs 1000 mètres de dénivellé depuis les voitures) et de toute façon, nous nous réservons pour le lendemain. Philippe nous quitte à la cabanne de Troumas, dans laquelle nous allons passer la nuit, après une soirée au coin du feu. Toutefois, une petite inquiétude commençait à germer dans nos têtes, mais l'évoquer ne l'aurait en rien résolue, nous nous couchons donc (presque) confiantes en notre sortie décidé pour le lendemain.

Hélas, nous avions décidé, mais en montagne, le dernier mot ne revient jamais aux humains, or la météo, elle en avait décidé autrement : dès le matin un brouillard épais, accompagné d'une pluie fine nous entouait. Non que le mauvais temps nous en découragées, tôt au tard nous aurions fini par sécher, mais s'engager dans le couloir conduisant à la grotte par ce temps eu été une folie pure ; et les seules cordes que nous avions étaient ... dans la grotte!! Notre inquiétude était donc justifiée.. Bien qu'un peu agacées par note manque de prévoyance, nous avons pris les choses avec bonne humeur et la sortie spéléo s'est donc transformée en sortie .. cèpes ! Celle -ci s'est d'ailleurs avérée fort fructueuse et malgrès le fait que nous nous soyons délestées de notre matériel, nous sommes tout de même desendues bien chargées !!

Violette